Luis Miguel, le soleil du mexique à Los Angeles (France Media USA)

23/09/2014 17:14

France USA Media, 2014,

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Luis Miguel, le chanteur le plus célèbre d’Amérique latine, s’est produit au Forum de Los Angeles ce week-end. Après 33 ans de carrière, celui qu’on surnomme “Le Soleil du Mexique” est toujours au sommet, y compris de ce côté de la frontière.

Los Angeles (Californie) – France USA Media.

Loïc Pialat


EPA/ULISES RUIZ BASURTO

Elles regardent les avions qui survolent le Forum avant de se poser sur l’aéroport de Los Angeles. Toutes ces jeunes et moins jeunes femmes, en écrasante majorité hispaniques, attendent patiemment que la salle de concert ouvre ses portes. Robes moulantes et talons hauts, elles sont habillées comme pour un rendez-vous galant. C’est presque pareil après tout. Elles s’apprêtent à passer 1h30 avec le plus grand crooner d’Amérique latine: Luis Miguel.

Inconnu en France, le chanteur mexicain est un monument dans le monde hispanophone: 100 millions de disques vendus en 3 décennies d’une carrière démarrée à l’âge de 11 ans seulement. L’équivalent d’un Johnny Hallyday latino. Son immense popularité a franchi la frontière nord du Mexique. Il est le seul artiste à avoir deux albums en espagnol disques de platine (plus d’un million d’exemplaires vendus) aux Etats-Unis, Franck Sinatra l’a sollicité pour un duo et son étoile brille sur Hollywood Boulevard depuis le milieu des années 90. A l’inverse d’une Shakira, il s’est pourtant toujours refusé à chanter en anglais pour toucher un public encore plus large. “Ce n’est pas important pour moi de faire un album en anglais si ça ne relève que du marketing,” annonçait-il au Los Angeles Times en 1997. “Je veux transmettre des émotions et la meilleure façon de le faire, c’est dans ma langue, l’espagnol.”

Voix exceptionnelle mais pop sans génie

Ce soir-là, il entre sur scène en trombe et entame avec sa choriste et ses 10 musiciens “Quien Sera”, un mambo mexicain rendu célèbre par Dean Martin. Costume et cravate noirs, chemise et dents blanches, cheveux plaqués en arrière, il a des faux airs de Julio Iglesias à qui il avait chipé le titre de latin lover en chef dans les années 90. La foule hurle à son arrivée. Les 18000 sièges du Forum ont presque tous trouvé preneurs, comme à Phoenix, San Diego et Las Vegas les nuits précédentes ou Santiago, Buenos Aires et Mexico dans les semaines à venir.

A 44 ans, le “Soleil du Mexique” n’est plus le beau gosse que montrent les images diffusées sur l’écran géant derrière lui. Mais il a toujours une maîtrise impressionnante, une présence exceptionnelle et une voix saisissante, à la fois douce et puissante. “Sa gorge est un Stradivarius” aurait déclaré Luciano Pavarotti. Dommage qu’il mette ce superbe instrument au service d’une pop sirupeuse, aux sonorités datées. Pendant une petite heure, il enchaîne les chansons aux paroles et aux titres sans équivoque: “Sin ti” (Sans toi), “Hasta que tu me olvides” (Jusqu’à ce tu m’oublies), “Dame tu amor” (Donne-moi ton amour)…”Je veux envoyer des messages positifs, d’amour, de paix. On en a besoin“, a-t-il expliqué dans le passé.

Il laisse parfois ses fans prendre le relais de ses chansons. Malgré tout, le crooner échange peu avec son public. Il lui sourit, lui fait des gestes, l’invite à applaudir mais il ne lui parle pas vraiment. L’artiste est connu pour son perfectionnisme et tout est effectivement sous contrôle. A la fin de “Te necesito” (J’ai besoin de toi), Luis Miguel s’avance sur le bord de la scène, se penche vers le public, retenu par la ceinture par un garde du corps, et distribue des fleurs aux spectatrices du premier rang. Il finit par embrasser l’une d’entre elles sur la bouche. Effet garanti: hurlements dans l’assistance.

Mariachis et boléros

Enfant prodige qui a su négocier le passage à l’âge adulte, Luis Miguel ne doit pas uniquement son phénoménal succès à des chansons d’amour efficaces. Il s’est aussi réapproprié avec talent et enthousiasme des classiques de la culture latino comme le boléro, un genre qu’il a rafraîchi et dans lequel sa voix fait merveille. Il en fredonne quelques-uns puis les projecteurs s’éteignent. “J’ai vu des mariachis!” entend-on dans le public. Les lumières se rallument et 11 mariachis font lever la foule. Le chanteur réapparaît, en T-shirt et veston noirs. Les femmes ne sont plus les seules à crier. 18000 personnes accompagnent désormais la star et ses musiciens sur “La Bikina” ou encore “Cielito Lindo”, trésors nationaux au Mexique.

Même s’il est très discret sur sa vie privée et accorde peu d’interviews, le chanteur avoue volontiers une passion pour la Motown. L’un des derniers morceaux du spectacle est d’ailleurs une reprise en espagnol de “Blame it on the boogie” des Jacksons. “Arriba Los Angeles!”, hurle-t-il. Des confettis aux couleurs du drapeau mexicain pleuvent, Luis Miguel remercie la foule et quitte la scène. “Otra! Otra!” implore le Forum. Sans succès. Commencé sans première partie, le concert s’achève sans rappel.